liberté x.0

Nicolas remarque que son article Liberté éditoriale 2.0, n’a suscité que des réactions au sujet de sa deuxième partie, qui porte sur l’article d’Isabelle Delannoy.

Il est vrai que la première partie est plus ardue à discuter. Je commencerais par citer l’exemple de Boing Boing, aventure qui a commencé pour la beauté du geste, blog collaboratif, qui se porte plutôt bien, même depuis que ses éditeurs ont décidé d’afficher de la publicité sur la page et qui reste dans le top 10 des liés et favoris, tous pays confondus, chez Technorati. Intéressant chez Boing Boing à noter leur constante référence à leurs source; remerciements à ceux qui ont rapporté un sujet qui a fini par donner un blogpost, liens vers leurs sites (blogs ou autres) etc. Ils font bénéficier de leur notoriété leurs collaborateurs et souvent incluent des parties de leurs correspondances pour justifier mises-à-jour, rectifications etc. Ce n’est pas du Web x.0, mais il y a une certaine interactivité qui les rend forts sympathiques. Ca demande beaucoup de boulot, du temps, donc de l’argent. S’ils n’en gagnaient pas, directement ou indirectement, ils ne pourraient pas tenir le rythme, au moins pas très longtemps.
La question de leur indépendance ne semble pas se poser ! Et ils ont un modèle économique qui fonctionne visiblement à l’huile de coude :-)

Mais c’est la vieille école. Celle-là même qui a permit l’apparition de blogfarms. J’adore les blogfarms, comme Weblogs, Inc. qui s’affiche comme une compagnie by bloggers for bloggers, cherche des nouveaux talents en permanence avec deux seules qualités requises à priori : honest with your audience and passionate about the subjects you cover. Je les aime parce que ce sont des agrégateurs de contenants (les blogs) et donc de contenu (les blogposts).

La question de l’indépendance se pose forcement dans ce cas, mais il y a un élément qui est intéressant. Ils n’ont pas à vendre leur âme au diable, parce qu’ils ont une telle présence qu’ils peuvent faire jouer la concurrence tranquillement. PSP fanboy coexiste avec XBOX360 fanboy. Bon, il ne s’agit que des consoles de jeux, dirait l’autre, mais ça fait des grosses pepettes quand même.

Pourrait-on imaginer un instant l’un ou l’autre des modèles appliqués disons en politique ? Probablement pas, je ne connais pas d’exemple associant démocrates et républicains, bloggers ou journalistes ou analystes sous un même chapiteau. Encore moins sur un même chapiteau où les passants qui passent pourraient commenter.

D’ailleurs, dans les deux cas il y a un élément qui manque, ni Boing Boing, ni Weblogs, Inc. ne sont des lieux de discussion. Le premier ne permet pas de commentaires in situ, le deuxième confie à ses bloggers, en périphérie, le soin de gérer les commentaires, chacun chez soi. Autant pour l’interactivité et la participation de l’internaute.

D’ailleurs, cette participation de l’internaute pour instaurer une discussion, un débat, voir une parade de trolls est un élément très difficile à gérer.

Web 2.0 est arrivé à priori pour répondre à ce manque, par la mise en disposition d’outils qui faciliteraient la participation. Je reviendrai sur ce point.

Retour au modèle économique. Est-ce envisageable, par exemple, de faire en sorte qu’un blog puisse être une activité lucrative qui puisse nourrir son homme sans vendre son âme à tel ou tel annonceur ? Et c’est quand on démarre, petit et dans le besoin, qu’il faut se poser la question, pour éviter de se trouver coincé.

A l’adresse Netizen.fr, du magazine qui se préparait à “comprendre et décrypter la révolution blog” on ne trouve plus qu’une pub pour Amen. Quid du magazine ? Les annonceurs n’ont pas trouvé son âme suffisamment costaud pour proposer de l’acheter ? Voilà un premier point intéressant, avant d’être corrompu il faudrait que l’on possède quelque chose qui justifie la corruption. Nicolas a raison quand il pose le problème en termes d’audience.

Mais est-ce nécessaire de discuter son contenu pour se vendre ? Plus aujourd’hui. AdSense se branle complètement de vos opinions politiques, par exemple, il leur suffit de savoir que vous restez dans un cadre légal et pour faire un peu clean, de ne pas afficher leur contenu sur un site porno. Pour le reste c’est le clic qui compte, pas vos idées. Il y en a qui iraient leur reprocher ça quand il acceptent de se conformer aux exigences de tel ou tel régime politique. Mais de la m^me façon qu’ils acceptent les contraintes chinoises ils foutront la paix à un Français qui soutient sur son blog tel ou tel parti.

Pour que les clics paient il faut qu’il y ait de la visite. Pour qu’il y ait de la visite il faut du buzz. Pour que l’après buzz tienne la route il faut qu’il y ait du contenu. Pour que le contenu attire et garde les gens il faut qu’il y ait des plumes. Ah non, pas besoin de plumes nécessairement. Il y a au moins un exemple qui roule tranquille, paie ses auteurs, et se maintient depuis un long moment, Sur la Toile. Si vous voulez voir de la “castagne” modérée certes mais bel et bien présente allez faire un tour sur les forums, dont mon préféré. Quoi, vous avez visité et pas remarqué la pub ? C’est vrai qu’elle se fait discrète. Mais elle permet de payer les pigistes au moins, j’en ai fait partie pendant un mois pour voir.

Sauf si la partie Web n’est que la pointe émergée de l’iceberg, permettant de vendre auprès les professionnels qui s’approprient ainsi la partie buzz déjà mise en place. Dans ce cas on peut la jouer “ad-free blog“, même si on n’affiche pas leur logo, et se plaindre auprès de ses lecteurs qu’ils oublient qu’il y a un bouton “faire un don”, censé supporter les efforts réalisés.

J’aime cette troisième voie et Nico le sait bien que je les aime (la voie et Nico). Reste à démontrer qu’au long terme la solution est viable autrement qu’une structure dépendante de ses clients ou du boss et merde pour Pluralité.com.

Peut-être il y aurait d’autres voies. Parce qu’encore une fois le modèle en question est basé sur le buzz, l’huile de coude et l’exploitation des agendas pour associer des compétences. Qu’en est-il si on ne dispose pas d’agenda (celui d’un apprenti misanthrope a tendance à s’amaigrir rapidement), que l’huile de coude d’une personne ne suffit pas (tous les exemples donnés sont collaboratifs) et que on n’en a pas grand chose à faire du buzz, parce qu’on souhaite de lui survivre en fait, sans obligations lourdes et impossibles à tenir. A voir…

En attendant j’espère que les discussions sur LMC seront plus libres que sur d’autres espaces.

2 réponses vers «liberté x.0»

  1. petit scarabé dit :

    forcément, je découvre ce blog après tout le monde :)

    (la réponse à le dernière question est oui, parole de taulier ;)

  2. pegase dit :

    j’ai demandé à Me Eolas de faire une “lecture” à propos de cette loi qui me tarabuste et qui horripile Isabelle & co
    qu’elle publie tranquillement son bouquin, enfin…

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